Le prophète

     « Puis Almitra parla, disant : Nous voudrions vous interroger au sujet de la Mort.

Et il répondit :

Vous voudriez connaître les secrets de la mort.

Mais comment le trouverez-vous sinon en cherchant au cœur même de la vie ?

Le hibou dont les yeux perçant la nuit sont aveugles le jour, ne peut révéler le mystère de la lumière.

Et si vous voulez vraiment apercevoir l'esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur dans le corps de la vie.

Car la vie et la mort sont une, de même que le fleuve et l'océan sont un.

Dans les profondeurs de vos espoirs et de vos désirs, réside votre silencieuse connaissance de l'au-delà ;

Et comme des graines rêvant sous la neige, votre cœur rêve du printemps.

Ayez confiance dans les rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité.

Votre peur de la mort n'est autre que le frémissement du berger, alors qu'il se tient devant le roi dont la main va se poser sur lui pour l'honorer.

Le berger n'est-il pas ravi, malgré son tremblement, de porter la marque du roi ?

Pourtant, n'est-il pas plus conscient encore de son tremblement ?

Car qu'est-ce que mourir, si ce n'est être debout, nu, face au vent et fondre dans le soleil ? Et qu'est-ce que cesser de respirer sinon libérer le souffle de ses marées tempétueuses, afin qu'il s'élève et se dilate et recherche Dieu sans entraves ?

C'est seulement quand vous aurez bu à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.

Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez votre ascension.

Et quand la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment. »

                 Khalil Gibran



Article ajouté le 2007-06-12 , consulté 50 fois

Commentaires


Sophie le 30/06/2007 à 21:04:42
La fin me fait penser à la "danse macabre" de C. St Saens et je ne suis pas convaincue de sa véracité.
joss site : joss.en.vrac.free.fr | le 13/02/2008 à 11:00:37
Oui, la mort d'un être est toujours une très très grande déchirure.
Chaque femme pourtant en donnant la vie donne la mort. Il faut laisser le temps faire son œuvre d'apaisement et essayer de se dire que lorsque l'on arrive à laisser tous les souvenirs dans son coeur, et qu'avec tendresse il est possible de les visionner dans sa tête, sans cette immense déchirure, et bien, il faut sortir de sa tanière et cesser de ne regarder que par le trou de la serrure et trouver la clé qui va aider à revivre, autrement, mais revivre.
Affectueusement, car je suis presque grand-mère et tu es jeune, je me permets de t'envoyer une caresse apaisante.
joss


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